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 Péloth

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Balian Klade
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MessageSujet: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:49

Péloth l'Insondable, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds, Porteur de Lumière est une ancienne divinité oubliée du Panthéon énnéen. Ce Culte totalement disparu semble ressurgir des profondeurs dans lesquelles il avait été oublié...

Le Pêcheur habile, Lumière de Péloth l'Insondable, prêtre de la reine Elia'Is, Chevaucheur de la tempête, Celui qui a parlé avec un Dieu, Repousseur du Vide, Maître ritualiste, Fondateur et membre du Directoire de la CCRC, est un prêtre de cette divinité.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:50

Livre des Tréfonds


Genèse:

Il fut un temps lointain où le peuple des Neuf Voiles comptait mille cités, implantées sur des terres fertiles et des collines verdoyantes. Il fut un temps - tout aussi lointain - où le peuple des Neuf Voiles adorait mille Dieux, avec leurs temples magnifiques, leurs prêtres arrogants et leurs exigences sans cesse renouvelées. Mais quand la fournaise d'un désir sauvagement relâché vint engloutir les milliers de cités, seules restèrent Neufs flottilles, fuyant le Cataclysme. Et quand les rares survivants implorèrent les Milles Dieux de leur porter secours, seules vinrent les Trois, pleines de commisération. Les autres Divinités, scrutant d'en haut le Monde d'en dessous, regardèrent avec mépris les autels détruits, les offrandes consumées par les flammes ou noyées par les flots. Elles se désintéressèrent du sort des mortels et désertèrent ce plan d'existence. Le Soleil, Maître du Panthéon, s'en fut en laissant le monde dans l’Ombre Éternelle. Le Peuple fut livré à lui-même sur les eaux déchaînées, habitant désormais des coquilles de noix ballotées par les courants turbulents du Destin. L'Océan était vaste, les navires usés, et des Profondeurs jaillissaient les Créatures du Dessous. A la fin, seuls restaient les Neufs... Neufs navires délabrés mais victorieux qui firent du Peuple Ennéen ce qu'il est aujourd'hui.

Le Grand Calmar, l'Affamé, le Sanguinaire, avide de chair humaine et de corruption, surgit des Ténèbres qui l'avaient enfanté bien des millénaires plus tôt, et se réjouit en constatant que les Gardiens avaient disparu. Il se nourrit de la chair du Peuple, et s'installa dans le Coeur des hommes. Les faibles, portés par la peur ou la folie, firent allégeance au Grand Calmar et donnèrent leurs Frères en pâture à la Bête Immonde pour sauver leurs vies misérables. Le Peuple se lamentait, tandis qu'il brûlait ses dernières torches, en regardant ses frères succomber à la mort ou à la barbarie. Hyèmisthrée la Mer luttait sans relâche contre les Bêtes des Tréfonds, et Sountada la Lune perçait la noirceur de l'Obscurité, éloignant les viles créatures de sa Douce Lumière du crépuscule à l'aurore. Mais le Grand Calmar gagnait en force, le ventre plein des membres du Peuple. Et le Jour tombait la Nuit, en l'absence du Dieu de Lumière.


Alors des cendres dispersées de Nelties, transcendée par la Passion des foules, par l'avidité des hommes et par la jalousie des femmes, émergea un éclat de son âme humaine, un vestige tremblotant. Et la fournaise dévastatrice qui avait causé sa perte, se cristallisa autour de ce petit fragment de vie, en un lent tourbillon de puissance émotionnelle. La déesse ressuscitée, passionnée, ardente, transformée à jamais en divinité par le désir de tout un peuple, se leva de son berceau de décombres. Elle Vit que bientôt les Danses cesseraient. Et elle alla voir les Deux autres, et elle leur dit : Notre Peuple meurt, par la faute d’un geste malheureux, et bientôt il ne restera que Nous. Cela n'est pas Tolérable. Vous vous aimerez, et alors de votre Amour naîtra un Fils qui protègera le Peuple. Elle déchaîna le désir sur les Déesses. La Mer et la Lune se tournèrent l'Une vers l'Autre, et Elles s'unirent, se tendant à l'unisson dans un élan de Passion. De leur Amour naquit Péloth l'Insondable, enfant de Hyèmisthrée et Sountada, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds, Porteur de Lumière. Leur Amour perdura, créant le flux des Marées et les Courants propices au Peuple.

Péloth, Dieu sans Forme et sans Existence, se tint devant ses Parents. Ces derniers l'accueillirent en leur Sein, et ils lui Dirent : « Bienvenue, Fils. Tu seras le Maître des Profondeurs, de ces Abysses lointaines où vivent les Créatures du Dessous. Tu les dompteras et en feras tes serviteurs. Tu lutteras contre le Grand Calmar, tu établiras ta Domination dans les Tréfonds glacés des Océans. Tu seras le Poisson-Lumière, celui qui apporte une lueur d'espoir dans l'obscurité, et tu éclaireras Notre Peuple pour qu'il vive et prospère le jour, car telle est notre Volonté. »

Et Péloth prit forme. Il saisit le monde entre ses Crocs et l'éclaira de son Appendice Lumineux. Depuis Péloth est le Gardien du Peuple, prenant la place du Soleil, ce Dieu de Lumière qui a abandonné ses enfants. Ainsi lutte-t-il chaque jour contre le Grand Calmar, tapi au Creux des Profondeurs mais aussi dans le Coeur de chaque homme, protégeant l'âme et le corps du Peuple qui l'a accueilli en son sein. Ainsi empêche-t-il, le matin venu, l'arrivée de l'Ombre éternelle, allumant son Appendice pour prendre le relai de Sountada. Ainsi assiste-t-il Hyèmisthrée dans sa tâche quand, prenant de l'assurance, le Grand Calmar attaque à nouveau et essaye d’arracher les Voiles à leur Mère bien aimée.

L'origine du Mal


Les Enfants des Voiles, dispersés et malmenés par le Cataclysme, subirent de plein fouet ses répercussions. Le Grand Calmar était à l'oeuvre, entraînant dans son étreinte de mort les malheureux qui se laissaient surprendre. La peur régnait dans les esprits et peu à peu, la Corruption gagna le coeur des hommes. Séduits par les promesses de la Bête Immonde, par ses cajoleries, ses menaces et l'espoir d'avoir la vie sauve, certains équipages se parjurèrent et livrèrent leurs âmes au Grand Calmar. Ils usèrent de traîtrise et de mensonge pour tromper leurs frères et soeurs, et les donnèrent en pâture au Monstre afin d'apaiser sa faim.

Alors Péloth surgit des Profondeurs qui l'avaient enfanté, et il parla au Peuple qui s'était égaré : Je suis Péloth l'Insondable, enfant de Hyèmisthrée et Sountada, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds, Porteur de Lumière. Mes Mères m'ont donné à la vie, afin que je veille sur vous et vous protège du Grand Calmar. Mais voici que vous trahissez vos Frères, et découpez vos Soeurs pour mieux donner la becquée à l'Ennemi qui vous ronge le coeur. Cela n'est pas acceptable. Vous serez marqués de l'infamie, au hasard et sans distinction, afin que vous n'oubliiez jamais le Mal que vous avez causé en livrant votre âme et vos frères à la furie sanguinaire du Monstre qui sommeille en vous. Pour compenser les Mensonges que vous avez proférés en trompant votre propre sang, je vous fais don de la Vérité vraie, absolue. Cette malédiction, ou plutôt cette bénédiction vous rappellera vos exactions, et vous hantera vous et vos descendants jusqu'à ce que vous ayez banni de votre coeur toute trace de corruption.

Des marques de Ténèbres jaillirent de Péloth et noircirent de tâches sombres comme la nuit les membres des Voiles. Depuis, les Ennéens sont atteints du Mal et, quand ils meurent prématurément, ils dévoilent une petite part de la Vérité qui leur fit cruellement défaut par le passé.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:51

Déchéance

Le peuple des Neuf Voiles dut apprendre à vivre avec le Mal. Dans un premier temps, les Ennéens se repentirent. Ils reconnurent leurs fautes, pleurèrent leurs frères lâchement livrés en pâture au Grand Calmar, tâchèrent de devenir des hommes meilleurs. Débuta alors une période de faste, une Renaissance pendant laquelle les Ennéens industrieux conquirent les mers et se taillèrent une réputation d'hommes justes et inflexibles. La première génération porteuse du Mal, frappée par l'appendice divin, fut pleine de regrets, honteuse et coupable. La seconde génération tenta de réparer ses méfaits, entreprenante et volontaire. La troisième génération, lasse de porter un si lourd fardeau, oublia ses torts, faible et influençable. Les Ennéens refoulèrent ces souvenirs difficiles, et peu à peu l'origine du Mal fut rayée de la mémoire collective.

Dès lors, les disciples de Péloth furent regardés avec suspicion, avec mépris, ou encore avec colère. Les Ennéens ne voulaient pas se souvenir, et les prêtres de Péloth ravivaient des sentiments douloureux profondément enfouis dans la culture orale du Peuple des Neuf Voiles. Le Culte fut délaissé au profit de vendeurs d'avenirs radieux plus soucieux de remplir leur église que de sauver les Ennéens de leurs démons. Le Grand Calmar prospéra, étendant son influence dans le coeur des hommes. Peu à peu, les navires-temples furent abandonnés faute de fidèles, les prêtres n'eurent plus les moyens d'entretenir les édifices saints faute de subsides, et le Culte tomba en décrépitude. Les derniers navires-temples furent attaqués par les Ennéens eux-mêmes : Certains d'entre eux, poussés par des disciples corrompus du Grand Calmar, refusèrent d'entendre les sermons culpabilisants de ces prêtres d'un Dieu délaissé depuis longtemps. Poussés par la colère, ils commirent l'Irréparable. Les derniers temples furent saccagés, les prêtres chassés ou bastonnés. Poussés par un remord un peu tardif, les Ennéens coulèrent les vaisseaux sacrés et tout leur contenu, tournant le dos aux derniers vestiges d'un Culte qui fut oublié définitivement...

Ainsi s'achève le récit de la fin d'un Culte, dernier témoignage du dernier grand-prêtre du dernier vaisseau-temple...

Renaissance

Je reprends la plume de ce livre oublié pour vous conter une bien curieuse histoire. Cette histoire, c'est la mienne. Nous étions deux humbles pêcheurs sans histoire, deux membres de la célèbre Voile des Innommés du Clan des Neuf Voiles. Nous arpentions les océans sur un frêle esquif, en quête de poisson à ramener sur notre navis. Nous n'étions pas des membres renommés, ni même des membres respectés de notre Voile. Nous n'étions rien, de simples individus sans nom prestigieux. Le pêcheur habile et le rameur efficace, voilà comment on nous appelait. C'est un banal matin de printemps que tout changea, voilà deux ans...

Soudainement, la brume se leva. Dans notre modeste barque, à des lieues de notre navis, nous fûmes happés dans cette obscurité blanche et nous perdîmes notre cap. Une Voix se fit entendre dans nos têtes, grave, vibrante et profonde, résonnant en nous à tel point que nous crûmes devenir fous. Nous ne comprenions pas ce que la Voix nous disait, mais elle sonnait comme un appel irrésistible. Sans bien comprendre ce que nous faisions, nous saisîmes alors les avirons et nous mîmes à ramer, nous enfonçant encore plus avant dans la nasse opaque qui nous enserrait de toutes parts.

C'est alors que nous le vîmes : Un navire de la couleur bleue foncée des abysses, dressant haut dans le ciel ses deux mâts élancés et son pont aux formes gracieuses. Du moins avait-il dû se présenter ainsi, quelques siècles plus tôt, car le bâtiment avait souffert : La peinture, largement écaillée, montrait un bois encore solide malgré son âge avancé. Le mât principal était brisé, tandis que le second présentait des voiles comme usées par le temps plutôt que par les tempêtes. Il n'était pas très grand, ce navire, peut-être trente pas de long et dix de large. Sur son pont on pouvait observer plusieurs petites constructions qui s'appuyaient contre les deux mâts. Il s'agissait d'un mode de construction ancien, typique des Neuf Voiles, tel qu'on pouvait en voir sur les plus vieux navires du Clan ou sur les gravures des livres d'histoire. C'était miracle que ce vaisseau fantôme ait survécu aux tempêtes durant tout ce temps. Nous accrochâmes notre barque à une des barres conçues spécialement pour cela à hauteur de flottaison. Puis nous grimpâmes à l'une des échelles qui parcouraient la coque à intervalles réguliers : Ce navire avait été conçu pour accueillir des visiteurs.

Nous nous trouvâmes alors debout sur le pont, tremblants, les yeux écarquillés, quand la Voix reprit à nouveau, mais de façon moins primitive, plus intelligible à nous autres mortels, nous environnant de toutes parts : "Bienvenue sur mon navire-temple, enfants Innommés des Neuf Voiles. Bienvenue à vous, mes enfants pêcheurs et fils du péché. Nul ne se souvient de Moi parmi votre Peuple, nul ne m'honore plus depuis des siècles de votre temps. Tandis que je luttais pour votre survie, tandis que, m'éloignant un court moment, je vous confiais à votre propre responsabilité, voilà que le Grand Calmar vous obscurcissait l'esprit et vous faisait oublier votre Histoire. Et vous voilà qui errez sans but sur les Mers d'Orya, insouciants et futiles."

Mon compagnon lança dans un cri :"- Qui êtes vous ? "- Qui je suis ? Je suis Péloth l'Insondable, Fils de Sountada et Hyèmisthrée, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds et Porteur de Lumière. Et vous, vous êtes deux humbles pêcheurs de la Voile des Innommés. Deux anonymes, deux pauvres êtres sans intérêt qui n'ont jamais acquis de nom. Vous n'êtes rien, et n'appartenez à personne. Personne ne vous plaindra si vous disparaissez. Vous êtes vierges de toute influence, pas même suffisamment importants pour que le Gand Calmar se donne la peine de pervertir vos âmes. Pour ces raisons, et parce que les Innommés sont ceux en qui mes préceptes sont le mieux restés ancrés, désormais vous serez à moi. Vous serez mes disciples, vous ferez à nouveau fleurir le Culte oublié, et vous rappellerez à tous l'origine du Mal et la raison pour laquelle il touche le Peuple des Neuf Voiles.

Et tandis que poussés d'une ferveur encore jamais ressentie nous tombions à genoux, une lueur éclatante perça la purée de poix qui nous entourait, laissant entrevoir la silhouette et la gueule béante d'un énorme poisson-lanterne. La lumière nous vrilla le cerveau, et des souvenirs que nous ne possédions pas se mirent à inonder notre esprit d'émotions brutales : Des textes, des images, des sons, des odeurs même s'ancrèrent dans notre mémoire pour ne plus jamais en sortir...

A partir de ce moment, nous abandonnâmes tout ce que nous avions - à vrai dire pas grand-chose - pour nous consacrer au Culte. Ainsi que le grand Péloth l'Insondable l'avait décidé, je devins le Grand-prêtre, et mon collègue fut mon Acolyte. Nous fîmes notre possible pour retaper le navire et reconstituer peu à peu les bribes de ce Culte oublié. Les souvenirs implantés par notre dieu étaient parcellaires, difficiles à faire remonter à la surface ; mais en les associant avec les textes religieux à moitié mangés aux mites trouvés sur le navire-temple, nous parvînmes à compléter de nos propres écrits une bible antédiluvienne qui avait par miracle échappé à la désagrégation. Nous accostâmes sur plusieurs îles pour réparer et étudier. Le Dieu pourvut à nos besoins. Un an plus tard, nous étions prêts à commencer notre voyage, empreints de détermination et emplis de ferveur divine. Le brouillard se leva, et nous fîmes voile vers le lieu de réunion des Innommés. Nous visitâmes plusieurs navires amis durant notre voyage, répandant notre foi, quand survint la Bête Immonde...

C'est pendant le voyage que le Grand Calmar frappa, comme dans les légendes que nous avions tant consultées. Une tempête telle que nous n'en avions jamais vécue se mit à environner notre navire, et on eut cru que des tentacules jaillissaient de l'eau pour mieux précipiter les vagues sur la coque de notre nouvelle demeure. Neuf jours et neuf nuits, nous luttâmes contre les intempéries, bravant la volonté du Dévoreur d'âmes et luttant pour la survie de notre Culte. Comment nous tînmes aussi longtemps sans dormir et sans manger, nous consacrant aux manoeuvres navales, je ne saurais le dire ; nul doute que Péloth nous avait en Sa sainte Garde. La neuvième nuit, néanmoins, était une nuit de Grande Fatigue : Sountada, épuisée par son combat incessant, ne veillait plus dans le ciel. Le Grand Calmar prit de la force et il désagrégea le bateau usé par les ans, nous précipitant dans le tumulte des eaux furieuses.

Je me réveillai quelques jours plus tard sur un navire Mascaret. De mon Acolyte, aucune trace. Mes cousins et cousines m'avaient repêché au milieu des débris épars de ce qui avait été le dernier temple de Péloth. Nul doute que le Dieu les avait placés sur mon chemin. De la catastrophe, bien peu de choses avaient survécu : Le livre de Culte que je tenais entre mes doigts crispés, le reliquaire de la Sainte phalange de Goduroh le Crapaud, avatar de Péloth, un étendard brisé du Culte. Il était désormais évident que Péloth - puisse sa Lumière briller éternellement - m'avait protégé et sauvé, jusqu'à me faire échouer sur ce navire, sur lequel je convertis mes premiers fidèles : Un jeune écuyer des Baronnies de Soriak et trois camarades Innommés. Les Mascarets se dirigeaient vers une terre promise nouvellement découverte, l'île de Kandorya. Je décidai de rester en ce lieu pour répandre la bonne parole. J'espérais, en mon fort intérieur, que mon Acolyte avait survécu, quelque part, et continuait son chemin de son côté.

Telle était l'histoire du pêcheur habile, chevaucheur de la tempête, Lumière de Péloth l'Insondable, celui qui a parlé avec un Dieu. Telle était l'histoire du rameur efficace, chevaucheur de la tempête, Premier Acolyte du Culte de Péloth l'Insondable, celui qui a parlé avec un Dieu. Texte écrit en 1251.
Prophétie des Avatars

Un jour Péloth apparut à ses prêtres les plus fidèles vêtu d’un habit de lumière et d’un manteau d’ombre. "Je suis votre dieu et je vous prédis ceci. Sur les conseils de mes deux Mères j’enverrai douze fragments de mon âme pour sauver l’ensemble de votre monde, douze créatures qui me représenteront pendant un temps sur ce plan. Viendront des bêtes, des esprits, des hommes et des poissons. Quand j’aurai accompli cette œuvre, alors viendra pour moi l'heure de me fondre dans les abysses pour mettre à bas le Grand Calmar. Guettez bien les signes car je laisse mon peuple à votre garde et j’escompte que vous ne me décevrez pas. De la vie de mes fragments, de mes avatars, je vous conseille de tirer les enseignements. Soyez bénis et entre tous protégez la vérité."

Ainsi naquit la prophétie des douze avatars.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:52

Goduroh le Crapaud


C’était en des temps reculés. Les elfes n’avaient pas encore combattu les nains lors de la grande guerre de la Pierre et de l’Arbre. Péloth était alors un très jeune dieu et pour la première fois il créait un avatar, scindant une partie de son âme, séparée de son corps, afin de remplir une mission. Les augures de ses deux génitrices, Hyèmisthrée la Mer et Sountada la Lune, lui en avaient appris l’urgence.

Dans les Marécages Des Ombres naquit Goduroh le Crapaud, fragment d’âme et premier avatar du Porteur de Lumière. Aussi gros, grand et gras qu’un Aurochs et aussi haut que deux humains, Goduroh devint le seigneur des grenouilles et autres créatures aquatiques, puis grâce à sa langue habile celui des hommes et autres créatures terrestres habitant le marais. Il empêcha à lui seul les tornades magiques de ravager le pays, trouva une solution à la sécheresse et vainquit même Duvarh la mouche quand celle-ci tenta d’envahir les marais aidée de son armée de sauterelles. Après ce dernier exploit, Péloth, fier de ce qu’avait accompli son avatar, le rappela à lui afin d’être à nouveau complet.

Ainsi Goduroh qui fêtait sa victoire entouré de ses frères d'armes se retrouva-t-il sans transition au fond de l’océan, dans la noirceur des abysses, entouré de poisson-lumières. Et soudain un monstre gigantesque rejoignit ses congénères. Il était au moins cent fois plus grand que Goduroh qui faisait à peine la taille de son luminaire. Alors, dans un déchainement de bulles l’entité parla. « Bonjour, fragment de mon âme. Je t’avais envoyé sur terre protéger les marais et tu m’as bien servi. En tant que Premier Avatar, tu as glorifié le nom de Péloth et les futurs héritiers de ma pensée devront se surpasser pour t’égaler. Je suis fier de toi. Il est temps maintenant que tu me rejoignes et te dissolves en mon sein. Viens, je t’attends. »

Goduroh, fut surpris d'apprendre qu'il n'était qu'un fragment de l'âme d'un Dieu, et sentit qu'en tant que tel on lui interdisait de mener une existence propre, de vivre en tant qu'individu. Il réfléchit de longues minutes, puis il parla d’une voie posée : « Mais dis-moi, créateur, suis-je mort pour que tu me rappelles ici ? Mon corps est-il en morceaux ou mon esprit en charpie ? » Perplexe, Péloth répondit : « Nullement mon fils, pourquoi ces questions ? » « Parce que j’aime la terre, les marais et je compte bien les protéger tant que je vivrai. Seule l’heure de ma mort nous verra réunis et te verra complet. »

Péloth se mit à tonner sous les eaux et les abysses furent inondées de la lumière rouge sang jaillie de son appendice. « Tu es mon âme et tu m’appartiens ! Point n'est question de schizophrénie en notre sein, pour qu'une part de moi se rebelle contre moi-même !» « Je suis peut-être une part de toi, » répondit le crapaud, « mais je pense avoir suffisamment de valeur en tant qu'individu pour vivre ma propre vie et protéger ceux qui sont sous ma garde. Si j’ai failli et que je n’ai pas su faire retentir ton nom avec assez d’éclat, alors à mon retour tu te châtieras toi-même. » L'Insondable se mit à réfléchir pendant que sa lanterne clignotait au rythme de ses pensées. D’une voie hésitante le poisson-lumière demanda enfin : « Es-tu sûr de ne pas vouloir me rejoindre ? » « Oui, je le suis. » maintint fermement Goduroh, « ceci est mon choix et le restera. » « Alors va, je te reverrai le jour de ta mort. »

Ainsi le crapaud retourna-t-il sur terre et vécut-il une vie d’aventure et de danger, changeant le cours de l’histoire. Les années, les batailles et les exploits se succédèrent. Puis Goduroh le brave, comme on le nommait alors, rendit son dernier soupir en terrassant Ssiruk’hai le dernier des serpents géants mangeurs d’hommes et semeurs de chaos.

Il se trouva alors face à son créateur, au fond des abysses, comme bien longtemps auparavant. « Bonjour Goduroh » dit-celui-ci, prononçant le nom de son fragment d’âme pour la première fois. « Tu m’as bien servi et j’aimerais que tu me dises quel est ton souhait le plus cher aujourd’hui, avant de redevenir une part de moi et de fondre ton être en mon sein. » Le crapaud, encore éprouvé par sa mort violente, prit le temps de reprendre son souffle. « Je voudrais que ma vie comme ma mort puissent inspirer la vertu à ceux qui en sont dignes. »

« Accordé. » dit Péloth. « A partir de ce jour mes fidèles rechercheront dans leur vie l’accomplissement personnel en toutes choses. Ils ne devront ni se sous-estimer et fuir leurs responsabilités ni se surestimer et s’attacher un trop lourd fardeau. Humilité et fierté seront deux de leurs qualités, deux faces d’une même monnaie dont ils devront trouver le juste équilibre. Car toi aussi tu as su rendre un dieu humble face à ta détermination et fier de pouvoir juger tes actes comme une partie de son œuvre. »

Ainsi la valeur de soi devint-elle une des douze vertus premières de Péloth.

Chinkah le Chimpanzé

Alors que Oeil-qui flamboie, le soleil qui nous apporte lumière et vie se couchait sur Herbe-qui-ploie, la savane où sont enterrés les ancêtres, Chinkah le chimpanzé se tenait accroupi sur son rocher. Il réfléchissait. Drogba la sorcière avait encore massacré un village des abris-en-tissus-qui-ne-mouillent-pas-sous-la-pluie. Les hommes-blancs-à-peau-de-fantôme allaient sûrement contre-attaquer. Même si Chinkah n'avait aucun amour pour ces étranges créatures et encore moins pour leur magie et leurs flèches, il pensait que l'esprit d'Herbe-qui-ploie préférait la paix à la guerre. De plus, si les clans réussissaient à s'allier aux étrangers ils pourraient leur montrer la magie des ancêtres et l'harmonie avec les dieux de la savane. Sans compter qu'à force de devoir envoyer des générations de jeunes guerriers au combat, certains clans avaient même été jusqu'à disparaître. Chinkah était sage aussi décida-t-il qu'il devait cesser de tourmenter les hommes-blancs-au-bâton-de-foudre pour que les clans puissent faire la paix avec eux.

Illuminé par une soudaine inspiration, il se mit à la recherche du Plus-vieux-des-sages, qui se tenait caché dans la Plus-vieille-tribu sur le plus-vieux-territoire jamais habité par l'homme de mémoire d'éléphant. Bien vite sur le sentier il croisa le lion et lui demanda par trois fois si il connaissait le chemin. Le lion rugit et Chinkah s'enfuit. Quelques pas plus loin sur le sentier il croisa l'antilope et lui demanda par trois fois si elle connaissait le chemin. L'antilope chargea et Chinkah l'évita.

A peine quelques instants plus tard sur le chemin il croisa le bouvier et lui demanda par trois fois si il connaissait le chemin. Le bouvier lui répondit qu'en effet il connaissait le chemin, mais qu'en échange de cette information il voulait apprendre trois secrets de l'univers. Il est en effet bien connu dans la savane que dans sa turbulente jeunesse, Chinkah grimpa au sommet de l'arbre-des-dieux et y vola tout ce qui y était sacré. Le singe était perdu, aussi accepta-t-il l'offre du bouvier. Mais malin comme il l'était il chuchota à l'insecte deux Vérités et un petit mensonge. C'est depuis ce temps-là que le bouvier pousse une boule du matin au soir, persuadé d'obtenir ainsi ce qu'il désire.

Sur les indications de celui qu'il venait de tromper, le chimpanzé arriva au bout du sentier au village de la Plus-vieille-tribu où on lui indiqua vite la case du Plus-vieux-des-sages. Le chimpanzé exigea du vieillard une boîte faite dans le Plus-Ancien-des-vénérables-Baobabs, car il voulait enfermer une sorcière. Le sage lui répondit qu'hélas il avait perdu un doigt trois-cents ans plus tôt à la chasse, mangé par un lion, un autre deux-cents ans plus tôt lors d'une guerre et un dernier cent ans plus tôt coupé par un mari jaloux. Avec deux doigts à l'une de ses mains, il ne pouvait fabriquer la boîte demandée. Chinkah réfléchit et accepta de rendre ses doigts au vieil homme si celui-ci l'aidait à fabriquer la boîte en y mettant tout son cœur.

Le Plus-Vieux-des-sages accepta avec gratitude. Il prit le bois du vieux Baobab, en fit une boîte aussi grande que l'océan, capable de contenir l'univers lui-même. Mais quand il plaça le dernier morceau, la boîte se fissura. Alors que le vieillard se répandait en lamentations, le singe lui expliqua que ce n'était pas grave car il y avait mis tout son cœur, et qu'il devait juste recommencer. Il lui rendit l'un de ses doigts.

Alors l'ancien redoubla d'ardeur, taillant, ciselant, plantant, rabotant et il fit une boîte de la taille d'un homme... ou d'une sorcière. Mais son oeuvre achevée, quand il voulut la saisir, elle tomba en poussière. Alors que le vieillard se répandait en lamentations, le singe lui expliqua que ce n'était pas grave car il y avait mis tout son cœur et qu'il devait juste recommencer. Il lui rendit l'un de ses doigts.

Rassemblant les restes épars des deux boîtes précédentes, le vieil homme travailla trois jours et trois nuits. Quand il eut fini il avait devant lui une boîte aussi grande qu'un petit singe. La sorcière n'y rentrerait pas ! Alors que le vieillard se répandait en lamentations, Chinkah prit la boîte entre ses mains, remercia le vieillard et lui rendit son dernier doigt. Puis il partit chercher Drogba la sorcière.

Quand Drogba vit le singe arriver au loin sur Herbe-qui-ploie elle demanda : « Qui ose se présenter ainsi sans cadeau ni escorte sur mon territoire, que je sache qui je vais manger ? » « Ne sois pas impolie voyons ! » lui répondit le singe. « Si tu parles la première c'est à toi de me dire ton nom, c'est la tradition. » répondit Chinkah. « Tu ne me connais pas ? » s'étonna la femme qui le regardait d'un air étonné. Elle se dressa de toute sa hauteur. « Je suis Drogba ! » « Impossible ! » s'exclama le chimpanzé. « Drogba n'est pas une vieille femme ! » « Qu'est-elle, dans ce cas ? » demanda la sorcière en souriant. « C'est un monstre gigantesque ! » répliqua le singe.

Alors Drogba se transforma en un monstre gigantesque, tellement grand que seule une boîte de la taille de l'univers aurait pu l'enfermer. Mais Chinkah n'avait pas une telle boîte. « Suis-je Drogba ?» demanda la sorcière. « Non. » répondit le chimpanzé. « Pourquoi ? » continua la sorcière « parce que Drogba est la femme la plus belle que la terre ait portée. »

Alors la sorcière se changea en guerrière à la peau d'ébène, aux cheveux longs et bouclés, aux lèvres pleines et aux seins lourds et hauts que seule une boîte de la taille d'un homme aurait pu enfermer. Mais Chinkah n'avait pas une telle boîte. « Suis-je Drogba ?» demanda la sorcière. « Non. » répondit le chimpanzé. « Pourquoi ? » continua la sorcière « parce que Drogba est aussi minuscule et mignonne qu'un petit-d'homme»

Alors la sorcière soupira et prit l'apparence d'un bébé minuscule et mignon aux grands yeux et aux petites mains qui aurait pu rentrer dans une petite boîte. Or Chinkah avait une boîte de ce genre ! En un éclair, il saisit le nourrisson, l'enferma et sourit de contentement. Mais depuis l'intérieur de la boîte une voix demanda pour la troisième fois : « Suis-je Drogba ?» « Oui. » répondit le singe. « Et toi qui es-tu ? » demanda la sorcière. « Moi je suis Chinkah le chimpanzé, et je viens de t'enfermer pour ramener la paix sur Herbe-qui-ploie. » La sorcière hurla de rage, mais elle était bel et bien prise au piège.

Le singe retourna rendre visite au Plus-Vieux-des-sages. Il lui enjoignit de ne jamais ouvrir la boîte, puis lui expliqua comment utiliser le pouvoir de la sorcière, mais ceci uniquement pour faire le bien. Puis, avec le sentiment du devoir accompli, il s'assit sur son rocher et se transforma soudain en flaque d'eau de mer. Sur la pierre, à l'endroit exact où il se tenait toujours, on peut encore aujourd'hui voir le dessin d'un poisson-lumière à mille lieues des océans.

Ainsi la ruse devint-elle une des douze vertus premières de Péloth.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:52

Péquenios le barbare
Péquenios était un avorton, une demi-portion, un gringalet, en un mot comme en cent : Un nain de jardin. Rejeton rachitique d'un couple de barbares mainorates, son peuple le regardait de haut, malgré sa mère qui lui promettait un destin aussi grand que lui-même était minuscule. Mais dès l'adolescence, quand il fut évident qu'il n'arriverait jamais - littéralement - à la cheville de son père, et au désespoir de sa mère, les primitifs de sa tribu l'abandonnèrent sur la route la plus proche de leur migration vers les troupeaux de bisons.

Il fut bien vite récupéré par un cirque qui le présenta comme le plus petit être du monde. Les forains, y compris leur maître étaient tous difformes de l'extérieur, mais magnifiques à l'intérieur. Ainsi pour la première fois de sa vie Péquenios se sentit-il chez lui, accepté au sein d'une véritable famille. Il fit le tour du monde, fut applaudi, hué, aimé et détesté. Il visita les plus vastes cités, les plus grandes merveilles humaines, elfes et naines. Il navigua sur les mers déchainées, bivouaqua sur les îles les plus lointaines et vit de nombreuses choses que peu d'hommes peuvent se targuer d'avoir jamais contemplées dans leur vie. Quand le maître mourut il prit sa place à la tête du cirque. Il se maria, eut trois beaux enfants aussi grands que lui était petit, qui aimaient et respectaient leur père pour lui-même et non pour sa taille. Quand bien des années plus tard il eut vu mourir sa femme puis ses enfants, âgé de plus d'une centaine d'années, il décida de rentrer chez lui, dans sa tribu. Comme sa mère le lui avait promis, il savait que son destin l'y attendait.

Il n'eut aucun mal à trouver les barbares qui s'étaient réfugiés là où il les avait vus pour la dernière fois, dans leur camp d'hiver. Tout d'abord ils ne reconnurent pas le vieil homme rachitique et minuscule. Il fallut demander par trois fois au sorcier à moitié sourd et sénile avant qu'il ne se souvienne des histoires sur l'enfant le plus petit de la tribu. Il se leva alors et dit : « Péquenios, ton destin t'attend, nous avons besoin de toi. La sécheresse n'a épargné aucune terre. Or la source de notre village et toutes celles de la montagne refusent de fournir de l'eau. Aucun de nos guerriers n'est assez petit pour passer par les tunnels afin de voir ce qui provoque ce désastre, et les enfants qui pourraient le faire sont trop jeunes pour comprendre. Veux-tu bien rendre ce service à la tribu ? » Péquenios réfléchit. « C'est d'accord, mais les prochains enfants à naître aussi petits que moi seront célébrés et vous en prendrez soin comme membres à part entière de la tribu. » Il fit cette demande par trois fois au sorcier, au guerrier et à la sage femme et chacun de donner trois fois son accord.

Alors Péquenios alla se recueillir auprès du Cairn de ses ancêtres. « Mère, je sais que tu as eu une belle vie après mon départ, et que tu ne m'as jamais oublié. Aujourd'hui je viens honorer ma destinée. Je sais que je vais mourir et j'ai peur. Peur du noir des souterrains, peur du noir de la mort. J'aimerais tant que tu sois là pour me serrer dans tes bras comme avant. Je suis tellement dépourvu de courage, au contraire du reste de notre peuple. J'ai si peur, maman ! » Alors des bras frais comme la tombe enveloppèrent le petit barbare. « Le courage ce n'est pas quand tu n'as pas peur, mais quand tu dépasses ta terreur. Je suis fière de toi et je t'aime, mon fils. » Péquenios se réveilla en sursaut au pied du Cairn. Est-ce que ce n'était qu'un rêve ? Curieusement il était persuadé que ce n'était pas le cas et il se sentait serein.

Sans un mot et alors que tous les regards étaient tournés vers lui, il traversa le camp pour se rendre au pied de la montagne, dans le lit du ruisseau. En face de lui la bouche béante et sombre d'un petit tunnel semblait prête à l'avaler tout cru. Et de nouveau vint le froid glacial de la peur. Péquenios respira un grand coup. Il repensa à son enfance, son adolescence et sa vie d'adulte, se dit que le temps était venu et il entra dans le tunnel seul et sans armes.

Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Péquenios marchait depuis longtemps et par trois fois déjà il s'était endormi sur le sol glacial. Soudain un museau froid toucha sa main. Péquenios eut très peur mais il demanda, rassemblant tout son courage : « Qui êtes-vous ? ». Un couinement lui répondit. « Je suis le rat, je vis dans ces frais tunnels et ces belles galeries et je vais te manger pour pouvoir boire ton sang rafraîchissant. » « Attendez Monsieur le rat ! » s'exclama le petit barbare. « Monsieur ? On ne m'avait jamais appelé comme ça. » frétilla la créature. « Parle ! Tu as droit à une dernière phrase avant que je ne te mange. » Péquenios avait peur, tellement peur qu'il ne pouvait contrôler ses dents claquantes. Mais grâce à son courage il combattit la peur et parla. « Je suis ici pour faire revenir l'eau. Je suis assez petit pour aller partout, assez fou pour marcher dans le noir et assez courageux pour combattre un rat s'il le faut. » Le rongeur était bien embêté, son repas voulait se défendre, et en plus il comptait ramener l'eau dans les galeries jolies si on le laissait tranquille. Le rat soupira. « Je vais t'accompagner jusqu'à la limite de mon territoire. Mais jure moi une chose, si tu dois te faire manger, ce sera par moi. » « Promis Monsieur le rat. » répondit notre héros.

Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Péquenios marchait depuis longtemps et par trois fois déjà il s'était endormi sur l'argile depuis sa rencontre avec le rat. Soudain un museau froid toucha sa main. Péquenios eut très peur mais il demanda, rassemblant tout son courage. « Qui êtes-vous ? ». Un couinement lui répondit. « Je suis la taupe, j'ai élu domicile dans cet endroit difficile à creuser mais bien protégé et je vais te manger pour pouvoir boire ton sang rafraîchissant. » « Attendez Madame la taupe ! » s'exclama le petit barbare. « Madame ? On ne m'avait jamais appelée comme ça. » frétilla la créature. « Parle ! Tu as droit à une dernière phrase avant que je ne te mange. » Péquenios avait peur, tellement peur qu'il ne pouvait desserrer ses mains tremblantes. Mais grâce à son courage il combattit la peur et parla. « Je suis ici pour faire revenir l'eau. Je suis assez petit pour aller partout, assez fou pour marcher dans le noir et assez courageux pour combattre un rat et une taupe aussi s'il le faut. » Le mammifère était bien embêté, son repas voulait se défendre, et en plus il comptait ramener l'eau dans les galeries jolies si on le laissait tranquille. La taupe soupira. « Je vais t'accompagner jusqu'à la limite de mon territoire. Mais jure-moi une chose, si tu dois te faire manger, ce sera par moi. » « Promis Madame la Taupe, mais vous devrez en laisser un morceau au rat. » répondit notre héros.

Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Froid, faim, égarement. Péquenios marchait depuis longtemps et par trois fois déjà il s'était endormi sur la pierre nue depuis sa rencontre avec la taupe. Soudain un museau froid toucha sa main. Péquenios eut très peur mais il demanda, rassemblant tout son courage : « Qui êtes-vous ? ». Un grognement lui répondit. « Je suis le Dégorgeur, j'ai élu domicile dans cet endroit humide pour pouvoir boire tout mon saoul sans être dérangé par personne. Je vais te manger pour pouvoir me délecter de ta chair car cela fait longtemps que je n'ai pas fait un bon repas. » « Attendez Monsieur le Dégorgeur ! » s'exclama le petit barbare. « Monsieur ? On ne m'avait jamais appelé comme ça. » frétilla la créature. « Parle ! Tu as droit à une dernière phrase avant que je ne te mange. » Péquenios avait peur, tellement peur qu'il ne pouvait empêcher ses genoux de claquer. Mais grâce à son courage il combattit la peur et parla. « Je suis ici pour faire revenir l'eau. Je suis assez petit pour aller partout, assez fou pour marcher dans le noir et assez courageux pour combattre un rat, une taupe et un Dégorgeur aussi s'il le faut. » « Tu perds ton temps. » répondit la créature. « C'est moi qui bois tout l'eau de la montagne et je ne laisserai personne me priver de ce plaisir ! » hurla férocement la bestiole avant de gober tout rond notre héros.

Mais Péquenios était si petit et la créature si pressée qu'elle l'avala en entier sans même prendre le temps de le mâcher. Et dans le ventre de la créature Péquenios se mit à nager. Il eut froid, il eut peur, mais grâce à son courage il décida de continuer à se battre. Dans le ventre du Dégorgeur se trouvaient toutes sortes de choses qui, charriées par les torrents de la montagne, atterrissaient jusqu'ici. Péquenios trouva une pierre tranchante et aiguisée. Il escalada la gorge du monstre jusqu'à sa bouche et par trois fois demanda. « Dégorgeur, ne veux-tu arrêter de boire ? » Et par trois fois le monstre répondit « Non, petit en-cas bientôt digéré ! Je n'arrêterai pas de boire. » Alors prenant son courage à deux mains le petit barbare saisit la pierre tranchante et par trois fois il frappa l'oesophage du monstre. Au premier coup le Dégorgeur grommela et ce ne fut rien. Au deuxième coup le Dégorgeur cria et ce fut mieux. Au troisième coup la tête du Dégorgeur se détacha, laissant jaillir des torrents d'eau sous pression, et ce fut bien.

Les barbares criaient de joie de voir l'eau couler de nouveau dans le bassin du village. Tous attendaient Péquenios avec impatience afin de le fêter et l'aduler comme jamais ils n'avaient fêté ou adulé quelqu'un auparavant. Au matin du jour suivant, dans le bassin jaillit le cadavre d'un rat. Les barbares l'enterrèrent et attendirent encore. Au matin du deuxième jour, dans le bassin jaillit le cadavre d'une taupe. Les barbares l'enterrèrent et attendirent encore. Au matin du troisième jour, dans le bassin jaillit un poisson. Aussi noir que la nuit, quand l'obscurité tombait il se mettait à éclairer les alentours. Quand le sorcier eut constaté ceci il se lamenta. « Aïe! Dieux ont donné, dieux ont repris ! Nous n'aurons même pas de corps pour le pleurer. » Ainsi finit Péquenios qui malgré sa taille avait bien plus de courage que beaucoup de personnes plus grandes que lui.

Le courage comme nous l'enseigne Péloth n'est donc pas l'absence de peur qui est aussi l'absence de réflexion et de bon sens. En effet l'homme doit être capable de connaître sa juste place dans le monde et d'en mesurer les dangers. Non, le courage c'est combattre sa peur et savoir la dépasser pour atteindre ses objectifs. C'est ce que nous enseigne Péquenios le barbare, petit par la taille et grand par les actes.

Ainsi le courage devint-il une des douze vertus premières de Péloth.

Loupiotte le Poisson-Lumière
Je ne sais pas comment débute l'histoire, et c'est un vide qu'il m'est impossible de combler. Tout juste sais-je qu'un poisson-lumière parmi tant d'autres, un petit poisson d'une vingtaine de centimètres de long, rencontra un jour un être sage nommé Fangor. Et de cette rencontre naquit l'une des plus belles aventures sous-marines qu'il m'ait été donné de conter. Ce récit, je le tiens d'un vieil Ennéen qui le tenait lui-même de Tezzerit Lockhart, un terrible pirate qui écumait les mers aux alentours de 650. Ce magicien et gentilhomme de fortune avait la réputation d'aimer plus que tout les contes et les légendes. Il écoutait les histoires de ses prisonniers, et si elles lui plaisaient, il les libérait sans leur faire payer de rançon. A qui ce forban de légende avait-il extorqué le récit d'un des douze Avatars, il est difficile de le dire.

Le fait est que Loupiotte - c'est le nom que le mythe a fait parvenir jusqu'à nous - rencontra la créature nommée Fangor. Peut-être était-ce un Dieu ? Loupiotte se sentit pénétré de la sagesse de la créature et il prit conscience du monde qui l'entourait. Il observa le fil ininterrompu des saisons avec son lot de guerres, de querelles et de blessures. Un cercle sans fin de violence et de défiance au sein du Peuple de l'Océan. Sa Conscience nouvellement éveillée lui fit percevoir la vanité de tout cela, et son coeur de poisson se serra douloureusement. Alors, plein de détresse, il plongea encore plus profondément dans les tréfonds glacés de la Mère.

C’est alors qu’il aperçut, nageant prés de l’abysse, un étrange poisson. Le poisson-lumière nagea doucement pour ne pas l’effrayer mais l’autre poisson, placide, ne fit pas mine de fuir. Le poisson-lumière s’en approcha alors jusqu’à complètement l’éclairer. Sa robe d’écailles bleu marine était parsemée de petites marques blanches. Le poisson-lumière s’en approcha encore, jusqu’à le toucher, et entama la discussion avec lui. Elle ! Apprit-il rapidement. Ainsi fit-il connaissance de Cœlaca la mère-poisson. Son grand savoir et sa profonde sagesse inspirèrent Loupiotte. De ces discussions le poisson-lumière en tira la certitude que la spirale infernale devait cesser : Il était celui qui réunirait le Peuple-sous-la-Mer, qui proposerait à tous ceux qui le souhaiteraient un havre où tous seraient frères et soeurs, unis par une destinée commune.

Sur les conseils de la vieille mère profonde, le poisson-lumière remonta vers des eaux plus chaudes pour aller rencontrer les coraux et les inciter à venir, plus au fond, bâtir de leurs corps unis un magnifique endroit. Certains acceptèrent et bientôt, au bord de l’abysse, on vit pousser des colonnes luisantes, des arches enrochées, des statues phosphorescentes, des passages nacrés, un palais.

Le poisson-lumière se mit en quête de ses frères et tous choisirent de venir éclairer la cité. Les murènes averties de ce grand événement vinrent en nombre nager au dessus de la cité en un rond tournoyant de corps se frottant. Et puis, en l’espace d’un instant, se séparèrent à l’unisson, chacune partant vers les eaux plus chaudes du dessus, du nord ou du sud, porter la bonne nouvelle de la merveille accomplie. C’est ainsi que les peuples des grands fonds marins peu à peu se joignirent à la grande cité et l’on vit au conseil bientôt siéger les rascasses, les requins, les baleines, les dauphins, les thons et les homards, les poulpes et les coraux.

Loupiotte mit toute sa force de petit poisson dans la réalisation de ce havre. Il aida tant et si bien chacun à s'installer, à oublier les dissensions, à construire les bases d'une nouvelle vie, qu'il mourut d'épuisement.

La suite de l'histoire m'est venue en songe, tandis que je méditais sur le conte que venait de me narrer le vieil homme des Corps-Mourants. Je me suis endormi. J'ai rêvé de Loupiotte, se tenant devant un immense Poisson-Lumière dont les contours se détachaient de la noirceur des Abysses par l'éclairage de son énorme appendice lumineux. Une voix résonna alors dans ma tête et dans celle du petit poisson : "- Te voilà enfin devant moi. Eveillé aux Choses par des êtres vénérables dont tu ne connaissais pas même la véritable nature. Mort d'épuisement dans tes efforts pour faire du Peuple-sous-la-Mer une famille unie. As-tu des regrets, Loupiotte ?" "- Oui, ô noble créature. Je regrette de n'avoir pas pu faire plus pour ma famille." "- Ta famille ? Ces bestioles hétéroclites qui quelques années en arrière tuaient leurs semblables ?" "- Oui, ma famille." - Ta famille ? Ces animaux qui ne sont ni du même sang ni de la même espèce que toi ?" "- Oui, ma famille." "- Tu as bon coeur, petit poisson. Et tes regrets n'ont pas lieu d'être. Car ta famille prospèrera, j'y veillerai. Elle deviendra même le symbole des liens qui nous relient les uns aux autres. Et puisque c'est là ce que tu souhaites, ces liens seront plus forts que le sang ou l'espèce.

Soudain, la lumière se mit à jaillir à grands flots de l'appendice de l'énorme poisson-lumière et environna de toutes parts le petit Loupiotte. Tout s'éclaira, et la Conscience du petit poisson revint trouver sa place au sein du Dieu.

Je me réveillai en sursaut au petit matin, ébloui par une lumière qui n'existait que dans mon rêve. Vous vous direz, vous qui me lisez, que tout cela n'était qu'un songe, un produit de mon imagination. Mais tandis que je tendais les bras devant moi, les mains tremblantes d'une émotion incompréhensible, je vis la marque du Mal qui ornait mon poignet gauche depuis plusieurs années déjà : Elle avait désormais la forme d'un Poisson-Lumière...

Ainsi la Fraternité devint-elle l'une des douze vertus de Péloth.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:53

Méliandre l'esprit de feu


Méliandre était une flamme forte et brillante. Il brûlait tout sur son passage, prenant ou perdant du volume suivant les combustibles qui passaient sur sa route. Quand il était sur le point de s’éteindre, l’esprit de feu se hâtait de retourner dans son plan d’origine pour y reprendre des forces. Puis on l’appelait de nouveau, ou bien il se décidait de lui-même à transformer le monde en cendres. Il brûla la ville de Nertung, le pont de Gartig et la forêt interdite. Tous ces désastres se sont révélés bénéfiques par la suite, comme si la main d’un Dieu aidait notre esprit du feu dans sa tâche. Mais notre histoire prend toute son importance pour des faits qui en apparence n’en ont pas au regard de l’Histoire...

Un jour un magicien appela Méliandre pour se poser sur une chandelle, invocation classique que l'Esprit de Feu avait subie maintes fois. Cette fois-ci, l'esprit des flammes parvint à échapper au sort de l’enchanteur et à brûler la maison, le jardin et même les bois alentours. Seul un cours d’eau scintillant et rafraîchissant l’empêchait de ravager le monde, ainsi qu'il l’aurait souhaité. Décidant de se mirer dans les reflets de l’eau avant de retourner à son plan d’origine faute de bois à consumer ou de chaumières à dévaster, Méliandre pencha ses flammes au dessus du grand ruisseau.

Quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un visage dans l’eau. « Bonjour » dit celui-ci, je suis Neraya, l’esprit de ce cours d’eau. » « Bonjour, » répondit notre flammèche, troublée par les courbes délicates et la voix cristalline de cette inconnue. « Je suis Méliandre, esprit de feu destructeur de mondes et mangeur de forêts. » « Oh ! C’est donc toi qui as fait disparaître les hauts arbres qui m’apportaient un peu d’ombre l’été ? Mais pourquoi as-tu fait cela ? » Demanda sans animosité l’esprit de l’eau, visiblement curieuse. Méliandre ne savait que répondre. Aussi bafouilla-t-il un « Ben parce que je suis ainsi fait ! » qui sembla étrange à ses propres oreilles. Pour la première fois il réfléchissait à sa raison d’être, à ses actes et à ce qu’il était et il réalisait qu’il n’avait aucune réponse. Neraya dut sentir son trouble car elle lui répondit. « C’est une bonne raison. Moi je ne rentre pas dans mon plan d’origine car ce monde me plaît. De mon point de vue il est calme, serein, harmonieux. Même si il arrive que les crues ou les passages à guet me fassent frémir d’horreur. » Méliandre ne put s’empêcher de lui rétorquer « Mais l’action c’est ce qu’il y a de meilleur ! Détruire, rendre noir, et transformer les êtres vivants en choses inertes ! » « Moi j’aime donner la vie. » dit l’esprit de l’eau. « J’aime aider à la créer, la développer, la protéger, couler dans les corps pour les aider à vivre en paix avec tout ce qui les entoure. »

Et ainsi deux contraires commencèrent-ils à échanger des mots, des phrases, des idées. Ils ne s’étaient jamais posé beaucoup de questions et ils découvrirent par le truchement de l’expérience et de la vie de l’autre un monde nouveau et différent. Neraya apprit la tempérance à Méliandre, quand Méliandre apprit la passion à Neraya. Et ainsi des jours passèrent tandis que notre flammèche devenait petite, de plus en plus petite, car elle n’avait plus rien à manger. « Neraya, je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pas envie de rentrer dans mon plan d’origine sans toi. » « Je ne veux pas non plus que tu t’en ailles, Méliandre. Mais comment faire ? Si tu me rejoins ou que tu ne repars pas, tu t’éteindras. Et si je te suis dans ton plan, je finirai évaporée par la chaleur même de ton univers. Que pouvons-nous faire ? » Méliandre, triste comme les pierres eut soudain une idée. « Que dirais-tu si nous partions ensemble ? Si nous sautions dans les bras l’un de l’autre nous nous évaporerions tout les deux. Où que nous allions ensuite, je serais avec toi et tu serais avec moi. Je crois en cela. »

Ainsi pour la première fois parmi tous les univers et les plans ayant jamais existé, un esprit de feu et un esprit d'eau s'entremêlèrent pour partager leur amour. La flamme et l'eau fusionnèrent en un plasma scintillant et l'essence de leur être fila vers l'océan avant de disparaître dans les profondeurs.

Méliandre se fondit à nouveau en son Créateur et retourna orner le saint appendice de Péloth, illuminant de sa Lumière la majestueuse présence de Hyèmisthrée, la Mère, en laquelle s'était noyée Neraya. Ainsi l'amour des deux Esprits perdura-t-il au sein des deux Divinités, symbole éternel de l'affection entre une Mère et son Fils. L'ouverture d'esprit, la tolérance de la différence, la remise en question des certitudes, la croyance que les choses puissent être différentes, la foi en d'autres possibles abolirent les frontières de l'impossible en réunissant deux êtres que tout opposait.

Ainsi l’Ouverture d'Esprit devint-elle l'une des douze vertus premières de Péloth.

Itsuda le forgeron

Je m'appelle Itsuda Takenaka et si j'écris ces quelques lignes c'est pour rendre le plus honnêtement compte de ma vie, afin de laisser un témoignage. Je suis né à Nändo, petit village perdu dans les brumes des montagnes. Notre clan garde depuis toujours le Trésor afin de le prémunir des trolls des montagnes, des kamis malveillants et des invasions barbares.

Tout petit déjà, comme mon père avant moi, j'aimais le son du métal contre le métal, la chaleur du feu et la couleur luisante des objets en devenir chauffés à blanc. A l'heure où les enfants partageaient leurs jeux sur la place du village je n'avais d'yeux que pour une seule chose : le travail de l'acier. Mais cette voie difficile que j'aurais dû arpenter seul se transforma en paradis quand Otsune décida que la forge ne devait pas être ma seule préoccupation. Je nous revois encore enfants, elle courant et dansant, ses cheveux noirs lâchés dans le vent, et moi dont la fascination pour cette jolie petite fille me permettait à peine de respirer. Encore aujourd'hui il m'arrive d'avoir le souffle coupé en la contemplant.

Le temps passa vite. Quand le père d'Otsune accepta de lier le destin de sa famille à la mienne en me donnant la main de sa fille, j'aurais pu devenir Gardien du Trésor. Mais cela ne nous intéressait pas ma femme et moi. Les villageois furent donc soulagés et gardèrent leur forgeron. Je continuai à créer armes et outils, d'abord avec mon père, puis les saisons passant, avec mes fils. Mon aîné a commencé à son tour à courir sur la place du village après une petite fille aux cheveux bruns nommée Sawako. Je ne peux que lui souhaiter le même bonheur que moi, mais je compte aussi tout faire pour lui assurer un avenir.

Ce matin nous avons appris que les trolls des montagnes se sont fédérés autour d'un chef, Murtag. Il se trouve maintenant à trois jours du village avec les guerriers de toutes les tribus. Les Gardiens du Trésor sont allés les arrêter. Ils ont beau être d'habiles samouraïs, ils sont cinquante contre cinq-cents. Ils ne reviendront pas.

Mon devoir est de protéger la boîte en bois de baobab, car ses pouvoirs entre les mains du chef troll ou la libération de Drogba la sorcière qui est enfermée dedans seraient une catastrophe pour notre monde. J'ai forgé toute ma vie durant des armes que beaucoup qualifient de magiques, aujourd'hui je vais sacrifier ma vie pour une magie bien plus importante : l'amour que je porte à ma femme et à mes enfants.

Au-dessus des passes des monts Nerieda la neige est instable. Les trolls devraient être engagés dans cet étroit goulet d'ici demain, dans la soirée. J'espère que mon sacrifice ne sera pas vain, que ma famille comprendra mon geste et n'aura pas trop de chagrin. J'emmène mon fidèle sabre - une de mes meilleures réalisations - avec moi afin qu'il me porte chance. Otsune me regarde en ce moment même depuis la porte de la forge. Un sourire éclaire son visage alors qu'elle porte notre petit dernier dans les bras. Kamis, qu'elle est belle ! A couper le souffle !

Année 330. Moi, Otsune Takenaka, fille de Akimoto Kuze le preux et femme de Itsuda Takenaka au marteau d'or joins un paragraphe final à ce témoignage. Les forces trolles ont bien été arrêtées par l'avalanche que nous supposons causée par mon époux. Sous la neige nous avons retrouvé les cadavres des monstrueuses créatures et celui de mon bien-aimé. Il était comme figé dans la glace, son sabre planté dans le cœur du roi des trolls. Son arme était entièrement couverte de sang, à l'exception du motif de poisson monstrueux gravé sur le pommeau, resté intact par une quelconque malédiction. Cette lame m'a pris mon mari, elle sera donc enterrée avec lui. Puisses-tu, mon amour, reposer en paix jusqu'au moment où je viendrai te retrouver au paradis de nos ancêtres.

Ceci nous enseigne que l'abnégation n'est pas un vain mot. Le sacrifice de soi, par le sacrifice d'une position sociale, d'un bien ou de sa propre vie, reflète la grandeur d'âme de ceux qui se considèrent comme humanistes. Nous ne sacrifions que lorsque c'est nécessaire, mais quand le moment est venu nous n'hésitons point. Tel est le sens de la mort d'Itsuda.

Ainsi l'Abnégation devint-elle l'une des douze vertus de Péloth.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:53

L'Innommé


Dans l'enclave de Baie Chantante vivait un Innommé appelé "L'ensorceleur de femmes, vainqueur du tournoi de joute verbale de 340, ambassadeur auprès des hommes de l'Est, lancier adroit, artisan du cuir émérite ". Un jour, cet homme reçut d'une vieille femme un secret qu'elle lui demanda de ne répéter à personne, si ce n'est au fils de son fils cadet, quand il serait en âge de comprendre. L'homme lui fit une promesse solennelle.

Le fils aîné vint voir l'Innommé et lui dit : "Ma mère était vieille et malade. Qui sait dans quels délires elle vous a embrigadé ? Allons, l'ami, déchargez-vous donc de ce fardeau qui ne vous concerne pas, et dites-moi ce qu'il en est". L'Innommé refusa.

La femme du fils aîné vint le trouver ensuite, et elle le séduisit de parfums capiteux et de déhanchés sulfureux. "Très cher ami, peut-être pourrions-nous discuter un peu ? Que diriez-vous de passer la soirée ensemble, dans ma chambrette, mon mari est parti en visite chez un ami tout à l'heure et ne rentrera que demain. Ce serait l'occasion de faire plus ample... connaissance". L'Innommé refusa.

Le fils du fils aîné toqua à sa porte quelques jours plus tard. Il menaça l'Innommé en ces termes : "Je sais que la vieille a caché un héritage, et qu'elle ne veut pas que je m'en empare. Elle réserve ça à mon cousin, qui a toujours été son chouchou. Ecoute-moi bien, pauvre type, si tu ne me donnes pas ce que je veux, je reviendrai. Et cela se passera mal pour toi. Alors, vas-tu te résoudre à me dire ce que je veux entendre ?" L'innommé refusa.

Alors le fils aîné, la femme du fils aîné et le fils du fils aîné revinrent, accompagnés de mercenaires sans foi et sans pitié. Ils attachèrent l'Innommé et le torturèrent pendant plusieurs jours. A chaque heure, ils lui demandaient s'il était disposé à parler. A chaque heure, l'Innommé répondait par un simple mot : Non. L'Innommé finit par succomber aux mauvais traitements.

L'esprit de l'Ennéen fila vers les Profondeurs Insondables et se trouva soudainement devant le Dieu Péloth. Ce dernier lui annonça : "- Te voilà enfin, fragment de mon âme. Je suis Péloth l'Insondable, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds, le Porteur de Lumière. Tu es mon Avatar et désormais tu dois me rejoindre afin de te fondre en moi. - Si je fais cela, vous acquerrez toutes mes connaissances ? - En effet. - Alors je me dois de refuser. J'ai passé un pacte, et je compte le respecter. - Tu parles de ce pacte avec la vieille dame ? Allons, tu es mort, elle aussi, que peut bien changer que je le sache, et à qui donc un Dieu irait raconter ce genre de petits secrets ? Viens à moi, désormais. - Non. Je ne renierai pas ma parole. - Ma foi, je crois que nous sommes devant une impasse, dit Pé:loth en soupirant. Que proposes-tu, Innommé ?

- Renvoyez-moi en vie sur la terre ferme. Je ferai en sorte d'oublier ce secret que je ne puis transmettre, puis je me tuerai pour revenir à vous et redevenir une part de vous-même.

- Et pourquoi te ferais-je confiance ? Qu'est-ce qui me dit que tu accepteras de mourir à nouveau ? - Je n'ai qu'une parole."

Péloth fit comme l'Innommé le souhaitait. Il lui rendit la vie. Alors l'Innommé alla voir le célèbre Kemorne, et il lui demanda de lui faire oublier le secret confié par la vieille femme. Kemorne lui expliqua qu'il lui était impossible de lui faire oublier un secret aussi précis s'il ne connaissait pas la nature du secret. L'Innommé refusa de se confier et de trahir son serment. il écrivit une phrase sur un bout de papier, et il annonça au mage : Fais-moi tout oublier de ma dernière année de vie, ô grand mage. Et donne-moi simplement ce morceau de papier. Kemorne fit comme on le lui avait demandé.

L'Innommé regarda le mage avec étonnement, car il ne se souvenait plus pourquoi et comment il était arrivé là. Alors l'homme lui tendit un morceau de papier sur lequel l'Innommé put lire : "Moi, L'ensorceleur de femmes, vainqueur du tournoi de joute verbale de 340, ambassadeur auprès des hommes de l'Est, lancier adroit, artisan du cuir émérite, me suis engagé à me tuer immédiatement après la lecture de ce document." L'Innommé n'hésita pas : Il se jeta du haut de la tour de Kemorne et mourut à nouveau.

Alors il apparut une seconde fois devant Péloth, même s'il ne s'en souvenait plus. Péloth lui expliqua une nouvelle fois sa véritable nature, puis Péloth lui dit : "Tu as un coeur pur et une volonté sans failles. Et je vois que tu as respecté ta parole. Je veillerai désormais à ce que tous mes fidèles fassent de même. Tu ne seras pas mort en vain."

C'est ainsi que la Probité devint l'une des vertus premières de Péloth.

Dwauric le Nain

Dans les royaumes Nains, en Kaz Yaroz, vivait un jeune nain du nom de Dwauric l'Insatiable. Dwauric portait ce curieux sobriquet par le fait qu'il adorait par dessus tout explorer et comprendre. Comme tous les nains, il excavait le sol à l'aide de pics et de pioches. Mais au contraire des autres nains, poussé par une curiosité qui ne connaissait ni bornes ni limites, il ne pouvait s'empêcher de creuser toujours plus profond, sans se préoccuper des minéraux exploitables qu'il pouvait croiser. Ainsi créa-t-il son propre puits de mine.

Un jour, il atteignit les roches calcaires, après avoir traversé les argiles marneuses et les craies à silex. Les autres nains se moquèrent de ses efforts : "Tu vas trouver le fond du monde, un de ces quatre, et tu tomberas dans un puits sans fond !" rirent ses camarades attablés autour de quelques chopines. Dwauric but à leur santé, mais en son fort intérieur, une question lui brûlait les lèvres : "N'êtes-vous pas curieux de savoir ce qui se dissimule sous la pierre tendre ?"

Un jour, il atteignit les quartzites, après avoir percé les micaschistes, les marbres, les ardoises et les cipolins. Les autres nains s'étonnèrent. "Pourquoi ne ramasses-tu pas ce que tu trouves ? Pourquoi t'acharnes-tu à creuser aussi profond ? A part le fond du monde, il n'y a rien à voir d'autre que de la roche et encore de la roche, sous une certaine profondeur." Dwauric leur paya une tournée générale, mais en son fort intérieur, une question lui brûlait les lèvres : "N'êtes-vous pas curieux de savoir quels minéraux remplacent les grenats quand ces derniers se font rares ?"

Un jour, il atteignit les granites, après avoir creusé au travers gabbros, basaltes, andésites, rhyodacites et granodiorites. Les autres nains s'inquiétèrent : "Dwauric, cesse donc là ! Si tu traverses le fond du monde, qui sait ce qui en sortira ? Contente-toi de ramasser les minerais et les pierres précieuses que tu peux trouver à ces profondeurs et arrête cette folie." Dwauric contempla sa bière aux couleurs ambrées, mais en son fort intérieur, une question lui brûlait les lèvres : "N'êtes-vous pas curieux de savoir ce qui se terre au fond du monde, pour que les Dieux aient créé le granite aussi dur afin d'en interdire l'accès ?"

Alors Dwauric l'insatiable s'exila au fond de son puits de mine, emmenant avec lui plusieurs pioches de rechange et une quantité raisonnable de bière et de vivres. Revenir dans la cité lui prenait désormais une journée entière, il ne rentra donc plus. Il creusa, et creusa encore. Il traversa le granite, brisa une première pioche, usa le fer d'une seconde. Il traversa le granite, atteignit les veines d'or pur et les inclusions de diamants et de rubis. Il continua sa descente, et soudain rencontra le vide. Interloqué, il marqua un temps d'arrêt avant de piocher avec plus d'ardeur encore. Soudain, il tomba à travers la voûte d'une immense caverne et fut précipité dans les eaux insondables des profondeurs. Paniqué, il battit désespérément des bras, avant de se rendre compte que l'eau ne pénétrait pas sa bouche et qu'il n'était pas en train de se noyer. L'élément liquide d'un bleu de nuit l'entourait de toutes parts, mais une lumière diffuse se tenait devant lui, éclairant un énorme poisson monstrueux aux dents comme des sabres. Dwauric paniqua, persuadé que ses camarades avaient raison et qu'il avait réveillé le démon du fond du monde. Mais la créature ne le dévora pas. Au contraire, elle parla :

Te voici parmi moi, Dwauric dit l'Insatiable, toi dont la curiosité t'a fait aller plus profond que tous tes congénères. Vois donc ce qu'elle t'a permis d'accomplir ! Tu as traversé les roches sédimentaires, tu as traversé les roches métamorphiques, tu as traversé les roches magmatiques, pour satisfaire cette soif qui te poussait toujours plus profond. Cette soif va être étanchée désormais. Sache que je suis Péloth l'Insondable, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds, Porteur de Lumière. Et que tu es mon avatar, une part de moi que j'ai envoyée sur terre - ou plutôt sous terre, te concernant - afin de mieux comprendre le monde et ses habitants. Tu peux désormais choisir librement ta destinée. Reviens en mon sein, et tu sauras bien plus que tu ne l'as jamais espéré. Continue ta vie, et à ta mort tu reviendras à moi malgré tout.

Dwauric portait bien son surnom. Il ne souhaitait pas quitter ce monde, ses amis nains, sa famille, sa bière. Mais la curiosité de savoir "ce qui se passerait si" le poussa à accepter. Il tendit le bras vers la Lumière et son essence se mêla à celle du Dieu. Dans un dernier éclair d'individualité, il eut réponse à toutes les questions qu'il s'était jamais posées...

Ainsi la Curiosité devint-elle une des douze vertus premières de Péloth.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:54

Le vieux charme

En le Royaume de Lin'Elenos, aux alentours de 560, vivait la douce Apacenyë. Parmi les arbres chantants elle allait de son pas léger, aérienne et dansante, effleurant les feuilles de ses doigts d'ivoire et répondant aux oiseaux de sa voix mélodieuse. Et le soir venu, tandis que les derniers rayons du soleil d'automne filtraient à travers les feuilles, sur la berge d'un lac aux eaux limpides elle s'agenouillait, s'adossant au tronc noueux d'un vieux charme. Alors, elle dénouait ses brillants cheveux argentés, les laissant cascader librement sur ses épaules nues, et plongeait ses douces mains dans l'étang pour s'asperger le visage de perles de fraîcheur.

Le vieil arbre à son contact s'éveillait, tendant ses branches au-dessus d'elle. Et au son de sa voix de miel et de cristal, il faisait bruisser son feuillage. Le charme ensorcelé pleurait alors sur sa condition d'arbre, gémissait en faisant craquer son écorce son malheur d'être cloué au sol, de ne pouvoir serrer la douce Apacenyë contre ses racines, de ne pouvoir marcher de par le monde, de ne pouvoir se mouvoir parmi les créatures éphémères.

Puis la nuit venait, tandis que la lune se levait au Nord, et la douce Apacenyë repartait, laissant le vieil arbre seul au milieu des hululements nocturnes. La matinée n'était rien d'autre qu'une interminable attente, l'après-midi une impatience contenue, avant que se présente enfin le moment de la douce torture. Le soir venu, paraissait l'elfe aux yeux vastes comme la mer, et le soir venu, elle s'adossait contre le charme et se mettait à chanter. Et le soir venu, l'arbre pleurait à nouveau son amour inexprimé. Tremblaient les branches, craquait le bois, tandis qu'un être immobile tentait de s'extraire de sa gangue de terre.

A chaque coucher de soleil, recommençait le manège, et chaque nuit, l'amour, le malheur, l'angoisse de sa condition tourmentaient le végétal. Son tronc se nouait peu à peu, ses feuilles se faisaient rares, par la volonté du vieux charme tout entier tendu vers un unique objectif : Répondre à la mélodie de la mélancolique Apacenyë.

Vint un soir où la complainte d'Apacenyë se fit plus triste encore, et le vieil arbre sentit trembler ses racines de passion et d'envie. Alors le charme arqua tout son être, courba sa nature de végétal à sa volonté et peu à peu, une racine émergea du sol dans un grincement. Apacenyë se leva d'un bond, étonnée et inquiète. L'arbre voulut la rassurer, lui demander de chanter encore la mélancolie et l'amour, mais il n'avait point de voix, point de moyen de parler à l'elfe intemporelle. A nouveau il banda sa volonté, et ses pensées se déversèrent hors de son carcan de bois. Apacenyë entendit l'appel de l'arbre, et posa la main sur son tronc lissé par les siècles. Alors le vieux charme craqua et oscilla, avant de se pencher doucement et d'enserrer d'une de ses branches la belle chanteuse.

Le vieux charme du bord de l'étang aux eaux limpides fut le premier arbre-qui-marche et il accompagna longtemps la douce et mélancolique Apacenyë, écoutant ses chants de cristal et de miel tandis que, juchée sur l'une de ses branches hautes, elle écoutait l'âme de l'arbre s'ouvrir aux murmures de la forêt. Nombreux furent par la suite les arbres-qui-marchent, éveillés par la connaissance de leur nature et l'amour des elfes. Le vieux charme connut une vie longue et heureuse, et il se consuma de passion pour sa belle. Un beau jour de l'année 607, vieux et malade, rongé par les insectes, il s'enflamma, mettant fin à son existence par un dernier embrasement au doux chant mélancolique d'une demoiselle en larmes.

Alors, l'esprit du vieux charme suivit ses racines les plus profondes jusqu'à une source souterraine, suivit la source jusqu'à une rivière plus profonde encore, suivit la rivière jusqu'aux profondeurs de l'océan. Là, il rejoignit l'essence du Dieu Péloth, et le Dieu vit combien l'amour et le désir de l'arbre lui avaient permis de transcender sa nature pour atteindre un nouveau plan d'existence.

C'est ainsi que la Passion devint l'une des douze vertus premières de Péloth.

Le jeune Corps-Mourant


Le jeune Corps-Mourant demanda un jour à son maître quelle était l'origine du Mal. Le maître lui répondit : Nous ne savons pas, jeune acolyte, et c'est bien là un secret qu'aucun Corps-Mourant n'est encore parvenu à percer. Le jeune Corps-Mourant se dit qu'une problématique de cette importance méritait quelques approfondissements. Il se rendit dans la bibliothèque de sa navie et il y chercha réponse à la question qu'il avait posée. Il ne trouva point. Il profita alors d'un navire Gynéthée de passage pour aller consulter les archives de la nef-manoir du Mascaret, mais n'en tira pas plus d'enseignements sur le Mal. Il découvrit néanmoins l'histoire et les légendes de son peuple. Et le Mal apparut sur son corps.

Le jeune Corps-Mourant se rendit ensuite à la Tour de Fangor. Il chercha parmi les milliers d'ouvrages, il interrogea les savants et les professeurs, mais aucun d'eux ne connaissait l'origine du Mal qui touchait les Ennéens. Ils lui enseignèrent cependant la didactique et les arts oratoires. Et le Mal toucha son bras.

Le jeune Corps-Mourant fit alors route vers la Tour d'Akioch, dans l'espoir d'y consulter des documents ténébreux. Il mit plusieurs années à entrer dans les bonnes grâces du Conseil des Sages, afin qu'il le laisse accéder à la bibliothèque des arts occultes. Il passa plusieurs mois à lire exhaustivement pléthore de livres obscurs, sans y trouver de référence au Mal. Mais il y apprit nombre de sombres secrets. Et le Mal tacheta son visage.

Le jeune Corps-Mourant entama un pèlerinage vers le Sarin'Dol, mais il fut capturé par une troupe de pillards Orcs. Il fut traité en esclave quelques mois, puis parvint à impressionner un chaman avec ses connaissances occultes. Ce dernier le prit sous son aile, mais il s'avéra vite qu'il ne connaissait pas l'origine du Mal. Il savait en revanche comment lire l'esprit de la terre et appeler les forces telluriques. Et le Mal se répandit sur son torse.

Le jeune Corps-Mourant reprit sa marche vers le Sarin'Dol, et un prêtre Namn, impressionné par son savoir, fit de lui son apprenti. Les épreuves furent difficiles, la formation longue et ardue. Advint le moment où le jeune Corps-Mourant fut autorisé à poser sa question au Maître. Mais le maître ne sut pas donner la réponse au jeune Corps-Mourant. Il l'instruisit malgré tout de nombreuses prophéties, lui apprit à retrouver son moi intérieur et à comprendre l'âme humaine. L'énnéen reprit sa route. Et le Mal affligea son visage.

Le jeune Corps-Mourant n'était plus si jeune. Il était allé au bout de choses, il avait cherché sur tout le continent et au sein de toutes les cultures l'origine du Mal. Il n'avait pu répondre à cette question, et il ne lui restait plus aucune piste à explorer. Alors, vieux et fatigué, il retourna chez lui, sur sa navie, et il songea qu'il pouvait mourir en paix, qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir. Etendu sur son lit parmi les siens, les yeux fermés et les mains jointes sur le torse, sentant la mort venir, le vieux Corps-Mourant se dit son existence ici-bas n'était pas achevée. Tout ce qu'il avait appris, les expériences si riches d'enseignement qu'il avait accumulées au cours de sa vie, allaient disparaître.

Alors le vieux Corps-Mourant se releva péniblement, et, des mois, des années durant, il retranscrivit l'histoire et les légendes de son peuple, la didactique et les arts oratoires, les sombres secrets des arts occultes, la façon d'appeler les forces telluriques et de lire l'esprit de la terre, les prophéties, le moi intérieur, la compréhension de l'âme humaine. Puis, satisfait de son œuvre, certain cette fois qu'il ne pouvait plus rien faire de plus, il se recoucha, et mourut du Mal qui l'avait tout entier enveloppé de son étreinte noire : "L'heure est à l'expiation, mais le XIIIe siècle sonnera l'heure de la vengeance. La Lumière reviendra en ce monde, surgie de la noirceur de notre âme" fut sa prophétie.

Alors Péloth l'accueillit en son sein, et lui dit : "Te voilà parmi moi, Corps-Mourant. Toute ta vie tu as persévéré, tu as insisté et tu ne t'es pas découragé, dans le seul et unique objectif de répondre à cette simple et unique petite question : Quelle est l'origine du Mal ? A ta question, je puis apporter une réponse. Il te suffit de te fondre en moi, de me rejoindre, toi, mon avatar sur ce monde, et tu sauras."

C'est ce que fit le vieux Corps-Mourant. Et c'est ainsi que la Persévérance devint l'une des douze vertus premières de Péloth.

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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:54

Yalda l'orpheline, Yuka la petite chienne

Yalda avait six ans. Elle vivait dans une jolie chaumière sur l'île de Shaètaïn, avec son papa et sa maman, et sa petite chienne, Yuka. Mais de méchants hommes d'Aëthéor arrivèrent, brûlèrent la maison, firent du mal à Maman avant de l'empaler, puis brûlèrent vif papa qu'ils avaient obligé à regarder. Cachée dans le foin, Yuka à côté d'elle, Yalda observa et hurla en silence. L'insigne du capitaine des mercenaires se grava dans sa mémoire.

Yalda avait huit ans. Elle vivait dans un orphelinat avec sa petite chienne, Yuka. L'intendante était méchante, elle battait Yalda et elle battait Yuka. Un jour, l'intendante jeta Yuka dehors. Yalda s'enfuit en silence pour aller retrouver sa seule famille. Le nom de l'intendante se grava dans sa mémoire.

Yalda avait dix ans. Elle mendiait dans la rue, quand un gentil monsieur lui donna une pièce d'argent. Un groupe de voyous la frappa et la laissa pour morte, en lui prenant la pièce de monnaie. Yuka gémit et gémit encore. Le gentil monsieur entendit Yuka et Yalda fut sauvée. Le visage du chef des voyous se grava dans sa mémoire.

Yalda avait douze ans. Elle vivait chez le gentil monsieur, qui n'était pas si gentil que ça. Il avait beau lui apporter des sucreries après, Yalda n'aimait pas ce que le gentil monsieur lui faisait quand sa femme avait le dos tourné, après avoir enfermé Yuka dans la penderie. Cela faisait mal, et elle saignait ensuite. L'odeur du sang... L'odeur du sang se grava dans sa mémoire.

Yalda cacha le couteau de cuisine sous sa robe. Puis, quand le gentil monsieur au regard concupiscent la lui enleva, elle le poignarda, puis le poignarda encore. Et encore. Et encore. Elle regarda le sang gicler tandis que le regard concupiscent s'éteignait enfin.

Yalda avait quatorze ans. Elle avait été recueillie, rouge de sang, par une bande de voleurs des rues qui voyaient là une occasion d'acquérir un membre de valeur. Yuka était devenue une experte de la morsure au mollet, et Yalda la championne des détrousseuses. Les voleurs des rues lui avaient tout appris, du vol à la tire jusqu'au maniement du poignard. Un jour, une autre bande vint provoquer la sienne sur son territoire. Yalda vit le visage gravé dans sa mémoire : C'était le chef de l'autre bande. Elle le provoqua en duel au couteau. L'homme au regard mauvais la prit de haut et se moqua d'elle. Alors, vive comme le vent, elle lui planta son poignard dans le corps. Puis le planta à nouveau. Et à nouveau. Et à nouveau. Elle regarda le sang gicler tandis que le regard mauvais s'éteignait enfin.

Yalda avait seize ans. Considérée comme simple d'esprit, on la plaça dans une maison de redressement pour enfants et adolescents. Yalda hésita au moment d'entrer dans le bâtiment, car elle savait que Yuka resterait derrière la porte. Alors les gardes la bourrèrent de coups de pieds. "Bienvenue de la part de la directrice Meredith !", ricana une des brutes. Yalda entendit le nom gravé dans sa mémoire : L'intendante avait eu de l'avancement, elle était désormais directrice d'établissement. Alors Yalda laissa un des gardes lui faire ce que lui faisait le gentil monsieur. Et tandis qu'il basculait sur le dos à côté d'elle après en avoir terminé, elle lui écrasa la trachée d'un violent coup de coude. Puis elle lui prit ses clés et son gourdin, et se glissa dans les appartements de la directrice. Cette dernière eut un rictus en voyant la jeune fille. Son rictus s'accentua quand Yalda frappa, puis frappa encore. Et encore. Et encore. Elle regarda la cervelle gicler tandis que le rictus s'effaçait enfin.

Yalda avait dix-huit ans. Plutôt que de la confier aux soins du bourreau, on l'avait envoyée en première ligne d'une guerre perdue d'avance pour exploiter au mieux sa soif de sang. On avait escompté qu'elle trépasse au plus vite, mais elle survécut à une première bataille, puis à une seconde. Autour d'elle, les membres de son régiment de criminels moururent les uns après les autres. Ils furent remplacés par des meurtriers, des voleurs, des violeurs, qui moururent à leur tour. Un jour, lors de la bataille d'Abicur en 624, Yalda aperçut sur le champ de bataille l'emblème gravé dans sa mémoire : C'était celui d'un jeune seigneur entouré de chevaliers. Yalda s'avança d'un pas déterminé vers le groupe, massacrant ceux qui se mettaient sur son chemin. Elle abattit un chevalier. Puis un autre. Puis encore un autre. Quand enfin elle se tint devant son bourreau, l'épée brandie, elle chercha le rictus, le regard mauvais ou concupiscent. Mais tout ce qu'elle trouva, ce furent des larmes s'échappant de deux yeux apeurés. Alors Yalda se sentit obligée d'entrouvrir les lèvres qu'elle avait maintenues serrées toutes ces années : "- Tu es le premier mais aussi le dernier, misérable ! Implore ma pitié comme mes parents l'ont fait tandis que tu te tenais au-dessus d'eux en les regardant mourir, voilà douze ans." "- Vos... vos parents ? Mais... Je... J'ai à peine vingt ans ! Je ne peux avoir fait-cela !" "- Vingt ans ? Menteries ! Ce blason n'est-il point le tien ?" "- Le mien, oui, ou plutôt celui que mon père gagna lorsqu'il fut anobli pour ses services en tant que mercenaire." "- Ton père ? Où est-il ?" "- Il... Il est mort voilà deux ans, sur le champ de bataille." Yalda hurla de rage. Un hurlement bestial, inhumain. Les soldats cessèrent de se battre et observèrent la jeune fille en armes. "- Mort ! Mort ! Ce n'est pas possible ! Ma vengeance, c'est tout ce qu'il me restait !"

Yalda leva son épée vers le ciel, puis frappa. L'acier fendit l'air avant de s'immobiliser à un cheveu du cou du jeune seigneur. Quelques mèches brunes tombèrent au sol. Le temps sembla se figer, puis les yeux de la jeune fille s'emplirent de larmes à leur tour. Elle lâcha son arme. Soudain, elle sentit une douleur lancinante lui perforer la poitrine, et elle regarda avec stupéfaction la lame pleine de sang qui venait d'apparaître entre ses deux seins. Elle sentit le métal glisser le long de ses côtes, tandis qu'elle s'affaissait. Le choc de sa tête qui frappait le sol et la douceur de l'herbe légèrement poisseuse contre sa joue furent les dernières choses qui se graveraient jamais dans sa mémoire. Elle ne saurait jamais lequel des chevaliers elle aurait dû frapper une deuxième fois. Et une troisième. Et une quatrième...

Yuka avait six ans. Elle jouait avec la petite maîtresse, geignait quand le maître la gourmandait et remuait la queue de plaisir quand la grande maîtresse lui donnait une sucrerie par dessous la table. Mais de méchants hommes vinrent et tout cela s'effaça de sa mémoire. Seuls subsistèrent le froid, la faim, la peur, l'égarement, et les larmes de la petite maîtresse que Yuka léchait consciencieusement. Cela importait peu à Yuka. Tant que Yuka serait avec la petite maîtresse, tant que la petite maîtresse la serrerait dans ses bras, posant sa joue contre son pelage soyeux, les choses seraient pour le mieux.

Yuka avait huit ans. Elle marchait en boitillant, car la vilaine femme la frappait chaque jour avec le manche à balai. Ou le poêle en fonte. Ou encore le fouet réservé aux châtiments corporels. Ou même le sac à main avec la brique à l'intérieur. Cela importait peu à Yuka. Car le soir venu, la petite maîtresse la serrait dans ses bras, posant sa joue contre son pelage soyeux. Mais la vilaine femme chassa Yuka. Cette dernière connut à nouveau le froid, la faim, la peur, l'égarement, mais pas l'abattement. Car au fond d'elle, Yuka savait que la petite maîtresse la retrouverait, et que les choses seraient pour le mieux. Et la petite maîtresse la retrouva.

Yuka avait dix ans. Froid, faim, peur, égarement. Si Yuka attendrissait suffisamment les passants, la petite maîtresse et elle pouvaient manger à leur faim, le soir venu. Mais de vilains garçons frappèrent, frappèrent encore et encore la petite maîtresse. Yuka connut la peur et l'égarement, mais point l'abattement. Elle gémit et gémit encore, car elle savait que quelqu'un viendrait. Le gentil monsieur vint.

Yuka avait douze ans. Point de froid, ni de faim, ni de peur, ni d'égarement. Mais les larmes de la petite maîtresse contre sa fourrure, tous les soirs, tandis que la petite maîtresse la serrait dans ses bras, posant sa joue contre son pelage soyeux. Yuka geignait doucement. Au fond de son coeur, elle savait que les choses s'amélioreraient, qu'il ne pouvait en être autrement. Les choses s'améliorèrent. La petite maîtresse et elle s'enfuirent ensemble, et le gentil monsieur ne revint pas.

Yuka avait quatorze ans. Point de froid, ni de faim, ni d'égarement, mais la peur. Yuka mordait les mollets des passants, et protégeait la petite maîtresse des méchants. La petite maîtresse ne pleurait plus, mais elle continuait à caresser Yuka doucement, le soir venu. Yuka savait qu'un jour, les méchants ne seraient plus, et que la petite maîtresse n'aurait plus à avoir peur.

Yuka avait seize ans. Elle regarda en gémissant la petite maîtresse qu'on frappait tandis que la grande porte se refermait derrière elle. Yuka gratta à la porte et reçut une pierre. Yuka hurla à la mort et reçut une flèche. Yuka était trop vieille pour insister. Alors Yuka s'éloigna et attendit avec la certitude que son attente ne serait pas vaine. Elle attendit une heure dans le froid. Elle attendit une journée sous la pluie. Elle attendit une nuit sous la grêle. La grande porte s'ouvrit et se referma de nombreuses fois. Une fois comme tant d'autres, s'ouvrit la grande porte. Mais cette fois n'était pas identique aux précédentes, car elle sut qu'elle avait eu raison d'attendre. La petite maîtresse apparut dans l'embrasure. Yuka voulut s'élancer vers elle, mais déjà la petite maîtresse était embarquée dans la "grosse-boîte-qui-roule". Les "grosses-bêtes-qui-donnent-des-coups-de-sabot" se mirent au trot et Yuka ne courait plus aussi vite qu'avant. Elle fut distancée. Mais la petite chienne ne perdit pas espoir : Elle savait que tôt ou tard, elle retrouverait la petite maîtresse.

Yuka avait dix-huit ans. Elle avait cherché la petite maîtresse à Comblebourg parmi les hobbits joyeux, à Kaz Durum parmi les nains industrieux, au royaume de Lin'Elenos parmi les elfes grâcieux, dans le Nord lointain parmi les orcs belliqueux. Nulle part elle ne trouva la trace de la petite maîtresse. Vieille et épuisée, elle cheminait sous le soleil brûlant du désert Medjay, maintenue par cet espoir qui ne l'avait jamais quittée. La chaleur eut raison de la petite chienne, et elle s'effondra. Tandis que la vie quittait son corps, Yuka eut cette dernière pensée : Tôt ou tard, elle retrouverait la petite maîtresse. Le sable eut tôt fait de recouvrir le corps de la petite chienne.

De l'île de Shaètaïn un esprit s'extirpa d'un corps ensanglanté et s'enfonça dans les profondeurs du monde. Du Désert de Medjay un esprit s'extirpa d'un corps desséché et s'enfonça dans les profondeurs du monde. Loin dans les Tréfonds, au fin fond des abysses, là où la Lumière règne dans l'Obscurité, deux petites lumières se rejoignirent en une seule, et la joie de ces retrouvailles se propagea jusqu'à la surface en une vague d'espoir incommensurable.

Alors surgit Péloth l'Insondable, qui illumina de son Saint Appendice les deux êtres. Bienvenue à vous, Yalda l'orpheline et Yuka la petite chienne. Vous êtes mes avatars, deux fragments de mon être que j'ai envoyés au loin afin de mieux connaître le monde et ses habitants. De bien rudes vies vous avez vécues. Yalda, ta vengeance fut ta seule raison de vivre. Aveuglée par la souffrance et la colère, tu devins une femme d'acier, mais à la fin, tu choisis de briser la boucle du Mal. Yuka, tu souffris mille maux mais ne perdis jamais espoir. L'avenir donna raison à ton optimisme, contre toute attente. Vengeance et Optimisme vous permirent de continuer votre chemin, quels que soient les obstacles. Voilà une formidable leçon de vie.

Désormais, rejoignez mon être et ne faites plus qu'un avec moi, afin que je sois de nouveau complet. Ainsi resterez-vous ensemble et trouverez-vous la paix pour l'éternité, en mon sein. Yuka et Yalda fusionnées en une seule essence ne firent alors plus qu'un avec Péloth, et une deuxième vague de bonheur et de joie se propagea de par le monde.

Ainsi la Vengeance et l'Optimisme devinrent-ils deux des vertus premières de Péloth.

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Balian Klade
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MessageSujet: Re: Péloth   Jeu 14 Jan - 23:55

Livre de l'Aube

Le livre de l'Aube organise le Culte et son fonctionnement.


Organigramme du Culte

Le païen ne croit pas en Péloth, en son existence et en sa puissance. Il erre de par le monde, sans protection et sans foi, misérable coquille vide destinée à devenir l'esclave ou la pitance du Grand Calmar, physiquement ou spirituellement. Le païen est destiné à découvrir Péloth dans les tréfonds de son coeur, à se guider à Sa Lumière ou à marcher dans Son Ombre. Il peut cependant se condamner à rester sa vie durant dans l'ignorance et subir les affronts et les souffrances d'une vie injuste.

Le Païen qui donne foi en Péloth devra recevoir la Révélation des mains d'un prêtre sanctifié, ce qui fera de lui un Croyant. Il sera alors instruit du Paradoxe Premier de Péloth, se guidera à sa Lumière.

Le Croyant a reçu la Révélation, il a été instruit du Paradoxe Premier de Péloth. Il peut prier en son coeur et suivre en son âme et conscience les Préceptes Insondables, il lui est cependant conseillé d'assister à des messes régulières et de participer aux fêtes religieuses en l'honneur de Péloth. Le Croyant ne doit jamais oublier que le Grand Calmar est sournois et vicieux, qu'il attend son heure afin de dévorer le coeur du croyant imprudent.

Le Croyant peut recevoir la Consécration des mains d'un prêtre Sanctifié, après avoir effectué un acte de Foi montrant sa piété et sa capacité à suivre les Préceptes Insondables. Il apprendra alors à marcher dans l'Ombre de Péloth, et le Paradoxe Second de Péloth lui sera enseigné. Il pourra alors embrasser la Prêtrise et devenir Acolyte, ou bien acquérir le statut de Zélote.

Le Zélote est un laïc qui s'est instruit du Paradoxe Second de Péloth et qui a reçu la Consécration des mains d'un prêtre Sanctifié. Bien que n'ayant pas intégré les Ordres, il a choisi de consacrer sa vie à répandre la parole du Dieu et à lutter contre le Grand Calmar. Le Zélote peut en certaines circonstances acquérir le statut de Croc de Péloth, à condition d'avoir fait montre de sa volonté de se vouer corps et âme à la Cause du Prince des Abysses.

Il reçoit dans ce cas l'Ordination, et le Paradoxe Tiers de Péloth lui est révélé.

Un Acolyte est un membre du Culte qui se met au service d'un autre membre plus haut gradé dans le but de le seconder puis de le remplacer à son poste le moment venu. Il tient son nom de la tradition Ennéenne, qui veut que tout membre des Neufs Voiles possède un acolyte au cas où il doive décéder prématurément à cause du Mal. Tous les Acolytes, quel que soit le poste, ont un grade équivalent et ont été choisis par leur Prêtre référent.

Les Acolytes à la prêtrise peuvent au terme de leur formation recevoir l'Ordination, et être instruits du Paradoxe Tiers de Péloth. Ils deviennent alors des Prêtres à part entière, et peuvent prendre à leur tour un Acolyte. Un Acolyte à la prêtrise peut également acquérir, dans certaines conditions, le statut de Croc de Péloth. L'Acolyte du Grand-Prêtre est généralement lui-même un Prêtre et sera chargé de le remplacer à sa mort. Peuvent avoir des Acolytes : Les prêtres, les Crocs de Péloth, les Grands-Prêtres et les Lumières de Péloth.

Un Prêtre tient les messes, organise les fêtes et autres manifestations religieuses. Il s'occupe, avec son ou ses Acolytes, de répandre la parole de Péloth et de faire respecter les Préceptes Insondables. Parmi tous les Prêtres est choisi l'Acolyte du Grand-Prêtre, qui sera chargé d'apprendre auprès de lui et de lui succéder. L'Acolyte du Grand-Prêtre est souvent considéré à tort comme un individu de peu de poids, par l'intitulé de son grade ; pourtant, il s'agit souvent d'un individu de grand talent chargé de prendre la tête du Culte de Péloth à la mort de son maître. Un prêtre peut également acquérir, dans certaines conditions, le statut de Croc de Péloth.

Les six Crocs de Péloth - trois Crocs de l'Ombre et trois Crocs de l'Aube - sont des Prêtres-guerriers ayant des fonctions sacrées au sein du Culte. Ils ont voué leur vie et leur âme à Péloth l'Insondable et à son Clergé, dont ils font partie intégrante. Les deux Canines de Péloth perforent : Armées de dagues, d'armes de trait et de pistolets, elles sont chargées des missions d'infiltration, des actions nécessitant d'agir discrètement et efficacement. Les deux Incisives de Péloth tranchent : Armées d'épées, elles ont la tâche de massacrer les ennemis du Dieu et d'agir activement dans la lutte contre le Grand Calmar. Les Molaires de Péloth broient : Armées de masses ou de marteaux, elles défendent le Dieu et son Culte en réduisant ses ennemis en bouillie. Les Crocs de Péloth ont parfois à leurs ordres des armées de Zélotes ou de Croyants qui ont choisi de consacrer une partie de leur vie à la défense du Culte ou à l'éradication des adeptes du Grand Calmar.

Le Grand-Prêtre dirige le Culte de Péloth au sein d'un Navire-Temple. C'est lui qui distribue les sacerdoces, qui coordonne les actions des prêtres afin de répandre le Culte et ses Préceptes. C'est lui qui donne leurs ordres aux Crocs de Péloth dans le but de lutter contre le Grand Calmar.

La Lumière de Péloth est un Grand-Prêtre qui a reçu pour mission sacrée de convertir les populations païennes à la Foi en Péloth. Plutôt que d'avoir en charge un navire-temple, il parcourt le monde pour diffuser le message du Dieu. Telle la Lumière qui dissipe les Ténèbres, il instruit, il conseille, il trouve de nouveaux Acolytes. Les Lumières de Péloth possèdent un grade équivalent aux Grands-Prêtres, mais leur expérience et leur stature leur donnent généralement une prédominance dans les décisions.

Conciles et Grand-Cercle  : Le Grand-Cercle est l'organe décisionnel du Culte. Y siègent les Grands-Prêtres et les Lumières de Péloth. Les Crocs y sont généralement représentés mais n'y ont qu'un rôle de conseil. Le Grand-Cercle se réunit régulièrement de façon informelle afin de définir la politique du Culte et les orientations à venir. Les membres du Culte étant éparpillés, il existe dans les faits plusieurs Grands-Cercles mais on considère qu'ils sont l'émanation d'un organe décisionnel unique. Lorsqu'un point particulièrement important de théologie ou de politique impose des mesures exceptionnelles, un Concile est invoqué et l'ensemble des membres du Culte sont appelés à se réunir.

Prières et hymnes


Supplique à Péloth

Libère-nous, ô Péloth, de la haine dans nos coeurs. Epargne-nous, ô Péloth, les rengaines de la rancoeur.

Eclaire-nous, ô Péloth, de ton Saint Appendice. Protège-nous, ô Péloth, des malsains artifices.

Nous marchons, ô Péloth, dans ta lumière éternelle. Nous t'adressons, ô Péloth, nos prières sempiternelles.

Serment de Révélation

J'ouvre les yeux et je vois sa Lumière, Je ferme les yeux et je sens sa présence. J'ouvre mon coeur à ma foi en Péloth, Je ferme mon coeur au fiel du Grand Calmar. Ainsi me voici fidèle à Ses Vertus, Ainsi que rebelle à la Subornation.
Serment de Consécration

Sa Lumière est ma parole, ses Crocs sont ma vengeance, ses Ecailles mon bouclier. Lui seul habite les Tréfonds de mon Coeur, car ma Foi en lui me montre le chemin. Je lie mon destin à Péloth, afin qu'il purifie mon âme et me rende meilleur.
Serment d'Ordination

Entre ses Crocs j'ai été broyé, percé et découpé. Par sa Lumière et son Ombre j'ai été aveuglé. Mon âme rapiécée a été purifiée. Je vois désormais le chemin que Péloth a tracé.

Je suivrai le chemin, accomplirai ma Destinée. Je me départirai du Mal que le Grand Calmar m'a instillé. L'heure de la Vengeance a bientôt sonné. Des noirceurs de mon âme la Lumière va émerger.

Manifestations religieuses

Fête de l'Union : La marée la plus importante de l'année donne lieu à la Fête de l'Union, symbolisant l'union de Hyèmisthrée et de Sountada et la genèse de Péloth. Les Hommes et les Femmes devront avoir le cœur en liesse, partager un repas avec leur équipage, leurs voisins, leur village ou leur quartier, et participer à une messe spéciale à la tombée de la nuit. Mari et Femme devront s'unir cette nuit-là, sauf indisposition féminine, afin d'honorer le Dieu ; les enfants conçus lors de cette nuit seront bénis de Péloth et il sera conseillé de les confier à des Prêtres de Péloth afin qu'il suivent la voie cléricale.

Décrets et conciles religieux

De la Nature des incarnats : Il a été décidé à l'issue du XXIIe concile du Dieu Péloth, an 1251, sur les Eaux, que les Incarnats étaient bel et bien une manifestation physique et tangible du Dieu, et non pas simplement des créatures touchées par son Saint Appendice. A été dressée la liste des douze Incarnations avérées du Dieu. Seules ces dernières seront reconnues comme telles par le Culte. La liste pourra être modifiée par Déclamation du Grand-Prêtre ou par réunion d'un Concile. Il a été admis la possibilité pour le Dieu de s'incarner en tout être vivant qui lui siérait, y compris en être humain. Il est à noter que les Incarnats ne semblent pas avoir conscience de leur nature divine. Il ne faut pas considérer l'Incarnat comme un Dieu en lui-même mais plutôt comme un fragment autonome de la Conscience du Dieu, placé dans une enveloppe corporelle dans un objectif spécifique, une manifestation partielle de sa Volonté dans le Monde Tangible.

Suivant la parole de Péloth, les douze Incarnats sont descendus sur terre. Comme il l’avait prédit notre dieu nous laisse poursuivre notre chemin, tandis qu'il consacre ses forces à la lutte contre le Grand Calmar. Nous devons donc dès à présent devenir des aides, des supports et des guides pour les hommes, leur moral et leur destin. Il nous revient plus que jamais de perpétuer la parole et les intentions de notre dieu en attendant son retour.

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